La naissance du maniérisme

Classique et anti-classique

Durant tout le XVème siècle en Italie, les peintres se sont efforcé de représenter la réalité de la façon la plus rationnelle et la plus naturelle possible, et ils l’ont fait de mieux en mieux. Bien sûr il y en avait  qui ne suivaient pas cette tendance générale, mais ils étaient considérés comme "excentriques" (Uccello est un exemple).

Pour aboutir à cette représentation réaliste et rationnelle, les artistes italiens du XVème siècle, se sont appuyé sur l’exemple apporté par la statuaire grecque et romaine concernant l’anatomie, sur la perspective linéaire inventée par Brunelleschi pour traduire la projection de la 3ème dimension dans le plan, sur l’usage par les flamands de la peinture à l’huile permettant des effets de couleur et de brillance, ainsi que sur leur sens du détail issu de la tradition miniaturiste. Raphael, Leonardo, Titien à la fin du XVème et au début du XVIème, ont été les points ultimes et les plus hauts représentants de cette évolution,  créant des canons d'équilibre, de beauté, d'harmonie et d'expression : "L'Ecole d'Athènes" de Raphael dans les Chambres du Vatican, la "Dernière Scène" de Leonardo à Milan ou la "Présentation de la Vierge au Temple" par Titien à l'Accademia de Venise, sont parmi les plus beaux témoignages de cette peinture "classique" de la Renaissance. 

Michel Ange, qui n'était pas peintre de vocation mais qui dut, par obligation, réaliser la plus grande surface jamais peinte (le plafond de la Chapelle Sixtine, 2000 m²),  multiplia les entorses à cette tradition classique.  Sa performance sur la voûte de la Sixtine fut si remarquable et son prestige si grand que cette nouvelle manière de peindre, moins rationnelle et moins réaliste, influença celle de ses collègues, même les plus classiques, comme on le verra.  Mais des esprits encore plus originaux et plus hardis cherchèrent à aller  plus loin. Ils remirent en question tous les dogmes de la peinture "classique". Pontormo et Rosso Fiorentino furent ainsi les premiers à s'engouffrer dans la brèche créée par Michel Ange contre la tradition, et à tenter de l'élargir. En ce sens, ce furent des peintres très modernes. 

L'exposé suivant montre donc, à partir d'un survol de leurs chefs d'oeuvre de jeunesse, leur "manière" particulière. Mais on a aussi cherché à resituer ces peintres par rapport à leurs prédécesseurs, Raphael et Andrea del Sarto.  Ce dernier était un peintre florentin de cette époque considéré par ses contemporains comme le "peintre sans défaut", qui fut le maotre de Pontormo et Rosso. Bien que beaucoup plus "classiques" que nos deux jeunes maniéristes, Raphael et Andrea subirent eux aussi l'influence de Michel Ange (et pour Andrea, celle de Leonardo da Vinci).

 L'exposé en PDF Pontormo 2 (2.65 Mo)

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