La Tour, Le Nain

 Georges de La Tour est né en 1593 en Lorraine, qui n’était pas province française mais duché autonome associé au Saint Empire germanique. La Tour a dû se former localement, mais a peut être fait un voyage en Hollande ou même en Italie, car sa peinture est inspirée de peintres hollandais et de « caravagesques ». Longtemps oublié, il a été redécouvert au début du XXème siècle, et depuis est devenu une « star », à partir des années 1970.

Les frères (Antoine, Louis, Mathieu) Le Nain sont nés, eux, à Laon (entre 1593 pour l’aîné Antoine et 1607 pour le dernier, Mathieu, mais rien n’est moins sûr, on affirme parfois que l'aîné Antoine serait né en 1600).  Ils ont sans doute fait leur apprentissage auprès d’un peintre flamand et ont poursuivi leur carrière à Paris, participant à la création de l’Académie des Beaux Arts en 1648 (mais Louis et Antoine mourront 3 mois après, Mathieu leur survivra de 30 ans). A leur époque, ce ne furent sans doute pas des peintres de tout premier plan, mais sûrement des peintres de « l’establishment », qui ont su varier leurs thèmes, leurs genres, et leurs compositions. Un mystère  demeure pour l’attribution des œuvres à chacun d’entre eux. 

Ces peintres, La Tour et les Le Nain, sont donc nés à la périphérie du Royaume de France. Néanmoins ils furent en contact avec la capitale durant leur carrière professionnelle, particulièrement les Le Nain. La Tour, lui, bien que bénéficiant d'un bon accueil à Paris dans les années 1630-40, préféra retourner en Lorraine où il avait des biens immobiliers à exploiter, évitant ainsi la concurrence de Vouet et des peintres parisiens.

La Tour a eu deux périodes :  une d'abord "diurne", où il peignait des scènes de jour puis, à partir des années 1640 (ou peut être avant, on ne sait pas), une période "nocturne" où il se spécialisa dans les scènes religieuses illuminées par une lueur de bougie. Il se rapproche des Le Nain dans ses tableaux "diurnes" et ce sont ceux que l'on examinera ici. On réserve à une présentation ultérieure l'exposition de ses oeuvres nocturnes, à bien des égards les plus intéressantes. Mais le rapprochement des Le Nain et des tableaux "diurnes" de La Tour est très intéressants car il nous révèle leur sensibilité respective quant à la "vie sociale" des classes populaires. Leur naturalisme est un contrepoint au classicisme aristocratique en vigueur à la Cour française.

L'exposé: La tour le nainLa tour le nain (5.28 Mo)

         

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