Le faste des princes évêques

Au XVIIIème siècle, l'Allemagne est encore une mosaïque de petits Etats, duchés, royaumes, principautés, sous l'autorité virtuelle d'un empereur élu. A leur tête des ducs, des rois, des princes, mais aussi des dignitaires de l'Eglise, car celle-ci a longtemps disputé le pouvoir temporel aux féodaux. En Allemagne du Sud notamment, qui a résisté à la Réforme protestante, il subsiste des princes évêques, à Mayence, Bamberg, Würzburg.... Ce sont des souverains temporels plus que spirituels. Parmi eux, certains formèrent des dynasties, comme les Schönborn. Se comportant comme des princes, ils veulent imiter le modèle phare, celui du Roi Soleil Louis XIV, et se lancent dans la construction d'églises et de palais, aussi fastueux les uns que les autres.  

Cet engouement donne du travail aux architectes, sculpteurs, peintres, décorateurs, stucateurs, ébénistes. Mais le style à la mode à l'époque n'est plus le baroque italien ou le classicisme français, tous deux en vigueur au XVIIème siècle. C'est le style "rocaille" né sous la Régence en France, et qui deviendra "rococo" une fois adopté, avec des variations locales, par toutes les cours d'Europe (sauf celle d'Angleterre). Il paraît plus "aimable", plus gai que l'exubérance italienne ou la grandeur française. 

La résidence de Würburg est un témoignage très éloquent, à la fois du style rococo allemand des années 1720-1750 et du rôle singulier des princes évêques. Ils furent trois à laisser leur empreinte sur ce splendide monument : Johann Filip Franz von Schönborn (1673-1724)  et Friedrich Carl von Schönborn (1674-1746) qui sont à l'origine de l'architecture du bâtiment, et enfin Carl ¨Filip von Greiffenclau. Celui-ci fit réaliser par Gianbattista Tiepolo, les fresques de l'escalier et de la "Kaisersaal" conçues à sa gloire.

L'exposé:  Würzburg (8.1 Mo)

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